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Décodage de l'actualité

Les Etats-Unis ont la scoumoune

Wall Street n'en finit plus de compter les banques moridondes, le plan de sauvetage des instituts financiers US concocté par la Maison blanche est âprement discuté au Congrès et le niveau des stocks d'essence aux Etats-Unis affichent actuellement leur plus bas niveau depuis 1967! Les tornades floridiennes ont ravagé les plates-formes pétrolières dans le Golfe du Mexique et la production américaine a ainsi été réduite de plus 20 % en 3 semaines, ce qui représente une perte de 30 millions de barils. 

En plus, suite aux intempéries, la pénurie d'énergie a sacrément affecté la production des raffineries américaines, laquelle est revenue à un niveau inférieur même à celui observé après le passage du célèbre Katrina, et certaines des installations pétrolières endommagées par Katrina en 2005 n'ont toujours pas été réparées! 

Des pans entiers de l’économie américaine patinent et les infrastructures vieillissent. Des ponts arrivent en fin de vie, les ascenseurs grincent, certains climatiseurs datent de Mathusalem et l’Amérique profonde vote toujours républicain. 

Triste tableau de l’Amérique.

Planète financière US, un plan de sauvetage laborieux

Le Congrès américain s'apprête à adopter un accord en vue de créer un fonds gouvernemental de 700 milliards de dollars pour éloigner le risque d'un effondrement du système financier.

Après de longues négociations au Capitole qui se sont achevées dimanche, le jour de Seigneur, au petit jour, les chefs de file parlementaires démocrates et républicains ont présenté un projet qui modifie des parties importantes du plan de sauvetage proposé par la Maison blanche, qui, aux abois, espère une adoption du plan avant l'ouverture des places boursières asiatiques, les premières à ouvrir lundi, afin de rasséréner les marchés.

Ce plan pharaonique, la plus vaste opération de renflouement dans l'histoire des Etats-Unis, vise à empêcher que le marché du crédit ne croule sous le poids des créances hypothécaires douteuses émises par les banques lors de l’euphorie immobilière exubérante.

Le plan proposé par le Gouvernement ne va pas passer comme une lettre à la poste. Les parlementaires sont restés attentifs au contribuable américain, en créant toute une série de clauses de protection. En effet, l'accord proposerait un versement des fonds en plusieurs étapes. Les premiers 250 milliards seraient fournis dès l'adoption du plan et l'injection des 100 milliards supplémentaires serait laissée à la discrétion du président, le solde de 350 milliards devant faire l'objet d'un examen par le Congrès.

Le texte imposera également que les institutions revendant les actifs émettront des certificats d'investissement donnant au contribuable un titre de propriété et une partie du bénéfice éventuel des sociétés concernées par le plan.

Les parlementaires ont aussi décidé de supprimer les indemnités de départ de plusieurs millions de dollars, les fameux "parachutes dorés" versées aux dirigeants des entreprises du plan et de limiter les primes encourageant les patrons à prendre des risques inconsidérés.

De plus, un comité de surveillance, comprenant entre autres le président de la Réserve fédérale, superviserait l'application du plan, dont la gestion serait regardée de près par les commissions du Congrès et un inspecteur général indépendant. Et les actions du secrétaire au Trésor seront examinées avec attention.

Enfin le gouvernement pourrait utiliser son statut de détenteur de prêts immobiliers ou de titres adossés à des prêts immobiliers pour aider les propriétaires en difficulté à modifier les conditions de leur emprunt, ce que les banques n’ont pas fait.

A Sao Paulo, lors d'un meeting, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva n’a pas mâché ses mots, dénonçant un plan qui "aide les banques sans aider les pauvres". "Pourquoi donner 700 milliards aux banques et rien aux pauvres types qui perdent leurs maisons?" s'est-t-il interrogé, avant d'ajouter: "Ce n'est pas ma faute s'ils ont transformé leur économie en casino."

Le modèle financier anglo-saxon a du plomb dans l’aile.

Pourquoi demander pourquoi?

Poussé par la soif, j'avise un beau glaçon sur l'appui extérieur d'une fenêtre. J'ouvre, et je n'ai pas plus tôt détaché le glaçon, qu'un grand et gros gaillard qui faisait les cent pas dehors vient à moi et me l'arrache brutalement. "Warum?" dis-je dans mon allemand hésitant. "Hier ist kein warum" (ici il n'y a pas de pourquoi), me répond-il en me repoussant rudement à l'intérieur.

Primo Levi, Si c'est un homme.

Ce passage de Si c'est un homme de Primo Levi a de quoi hanter plus d'un.

Hier ist kein warum.

Une idée d'une grande profondeur bien qu'exprimée par une brute. Et pourtant nous devons nous demander Warum?

"Aussi longtemps que nous sommes humains, nous devons le demander."