Le paradoxe Wolfowitz
L'Association des producteurs de chaussettes turque a envoyé 12 paires de chaussettes au président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz, qui a été vu avec des trous dans les siennes lors d'une récente visite dans une mosquée en Turquie. En effet, après qu'il eu enlevé ses chaussures pour visiter la mosquée, un orteil de chaque pied sortait de ses chaussettes trouées.
Quand on connaît le personnage, on pourrait penser que cela est une mise en scène pour faire croire que la Banque Mondiale n'a plus un sous ou qu'elle est très économe.
Portrait gratiné du faucon Wolfowitz et ses derniers avatars :
Durant trente ans, Wolfowitz a participé à presque tous les cabinets civils du Pentagone. Intellectuel brillant mais froid, il justifie la guerre par l’extension de la démocratie, sous-entendu la démocratie de marché. C’est le spécialiste des menaces imaginaires pour justifier l’octroi de nouveaux crédits afin de pouvoir mener de nouvelles aventures, l’expert pour les interventions préventives et l’intimidation des empêcheurs de tourner en rond dans les pays émergeants. Il n’a pas hésité à s’ingérer dans la tactique militaire et à imposer ses conceptions aux généraux sur le terrain.
Son statut politique et universitaire lui permettait d’être à la fois proche des théoriciens du régime des Bush, père et fils, tout en y occupant des fonctions exécutives au sein du département de la Défense.
Ses derniers avatars :
Au sein de l'équipe de George W. Bush, il sera le plus fervent partisan de la guerre en Irak. Faucon visionnaire et messianique, quatre jours après les attentats du 11 septembre 2001, lors de la réunion des principaux membres du gouvernement, convoquée par Bush dans la résidence présidentielle de Camp David, Wolfowitz explique que la riposte devait porter sur l'Irak.
Parmi les plus radicaux des néo-conservateurs, il est chargé de trouver les justifications juridiques de l'invasion de l'Irak et est considéré comme le principal responsable des déconvenues de l'armée américaine, notamment dans sa recherche des armes de destruction massives.
En mars 2005, sentant le vent tourner, George W. Bush préfère l'éloigner de son administration et lui trouve une voie de garage en lui offrant une promotion, celle de président de la Banque Mondiale.
D’une certaine manière, la désignation de Paul Wolfowitz à la tête de la Banque Mondiale ressemble à celle de Robert McNamara en 1968. McNamara avait été démis de ses fonctions de secrétaire d’Etat à la Défense par le président Johnson, le retirant ainsi de la direction de la guerre du Vietnam au début du marasme vietnamien, et nommé président de la Banque Mondiale. Paul Wolfowitz a été retiré de son poste en plein échec de la guerre en Iraq. Wolfowitz, comme McNamara, a l’expérience de la direction du Pentagone. Paul Wolfowitz, comme Robert McNamara, a été conseiller de la politique extérieure du président des États-Unis. A la tête de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz, à l’instar de McNamara, va maintenir l’alibi de la lutte contre la pauvreté. Comme Robert McNamara, Paul Wolfowitz saura manier la carotte et le bâton.

Paul Wolfwotiz, un faucon désorienté
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05 Février 2007 à 15:59 dans
- Politique

